🧵 Discussion : Le Département (Inernet) : Le sommet du non-sens en entreprise ?
30/06/2026
👤 Profils des intervenants
* **Absurde_Cie** : Membre "Gold", 2300 messages. Fan absolu d'humour absurde, de court-métrages et nostalgique des pépites du web des années 2010. Style enthousiaste, cite des répliques par cœur, utilise des emojis rétro.
* **Cine_Structure** : Membre "Power User", 4200 messages. Adepte d'analyse scénaristique, de décryptage des formats courts et de l'évolution des collectifs d'humour sur le web. Style analytique, posé, un poil professoral.
🧵 Discussion : Le Département (Inernet) : Le sommet du non-sens en entreprise ?
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Absurde_Cie – Posté le 30/06/2026 à 11:22
Salut le forum ! Je me refaisais les vieux sketchs du collectif Inernet et je suis retombé sur l'épisode 2 du "Département" sur la galère pour faire signer une convention de stage [00:00:04].
Franchement, dix ans après, ça n'a pas pris une ride. La séquence où la stagiaire Guilin doit aller s'excuser auprès de "Bernard", l'administrateur muet qui est littéralement une plante verte dans un fauteuil de bureau, c'est un chef-d'œuvre de malaise [00:01:19]. "C'est notre administrateur qui est dans ce fauteuil, le minimum c'est le respect, c'est clair ?" [00:01:28]. L'ambiance kafkaïenne des bureaux est tellement bien captée. Le running gag de la boucle administrative infinie me fume à chaque fois. Qui se rappelle de cette époque de YouTube ?
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Cine_Structure – Posté le 30/06/2026 à 11:45
@Absurde_Cie : Hello ! C'est vrai que c'est une excellente capsule temporelle de la création web de 2016. Ce qui est fascinant dans l'écriture du Département, c'est la gestion du rythme et de la rupture.
La trajectoire de la stagiaire est construite sur une frustration ascendante classique. On commence par le labyrinthe d'indications absurdes pour trouver le bureau 73 [00:00:16], pour enchaîner sur l'anthropomorphisme absurde de la plante verte, et finir sur la dualité spatio-temporelle avec Julie Planchet [00:03:27]. La force du collectif Inernet (et plus tard de ce qu'on a vu à la télé ou sur d'autres formats), c'est de traiter le surréalisme le plus total avec le sérieux le plus absolu. Les acteurs ne clignent jamais des yeux, ils jouent la normalité au milieu du chaos, ce qui amplifie l'effet comique.
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Absurde_Cie – Posté le 30/06/2026 à 12:02
> Cine_Structure a écrit :
> Les acteurs ne clignent jamais des yeux, ils jouent la normalité au milieu du chaos...
C'est exactement ça ! Le ton est ultra monocorde, limite blasé. Quand le collègue lui sort tranquillement "C'est normal qu'il t'ait rien dit, il est muet... nous on est habitués et on oublie" alors qu'il regarde un ficus [00:02:24], le décalage est parfait.
Et puis la fin est mythique, quand elle trouve enfin la directrice Julie Planchet dans la salle B40, que le bureau est vide, qu'elle se fait surprendre à parler seule par la vraie Julie Planchet qui lui redit "Votre convention, c'est avec Bernard, c'est son boulot" [00:03:22]. C'est la boucle parfaite de l'enfer des ressources humaines. Ça caricaturait déjà tellement bien la déshumanisation des grands open spaces et les process corporatifs qui n'ont aucun sens, le tout emballé en moins de 4 minutes.
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Cine_Structure – Posté le 30/06/2026 à 12:18
Tout à fait, le sous-texte sur le monde du travail est très malin. Le fait de matérialiser les cadres ou les administratifs absents par des objets inanimés, c'est une métaphore brillante de l'invisibilité des décideurs dans les grandes structures.
Techniquement, la réalisation utilise beaucoup de plans fixes et des coupures nettes qui renforcent l'isolement du personnage de Guilin au milieu des couloirs vides ou mal indiqués [00:00:21]. C'était l'âge d'or du format court "conceptuel" sur YouTube, avant que les algorithmes ne forcent à faire de la rétention d'attention agressive toutes les 5 secondes avec des jump cuts incessants. Une écriture épurée, un concept fort, une exécution théâtrale. Dommage que ce genre de format court et léché se fasse plus rare aujourd'hui.
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